Ce qui frappe d’abord, c’est la voix, si grave, si proche de celle de Francis Bebey, le père de Patrick. Ensuite, la profondeur des morceaux, sifflotés, jazzés, scandés, qui sous une apparente légèreté, racontent l’absence, l’amour et le souvenir. Patrick Bebey destinait cet hommage à son père de son vivant, mais sa disparition le 28 mai 2001, a laissé le fils sans voix. Il laisse reposer le projet trois ans et s’entoure de musiciens complices comme Marc Bertaux à la basse ou le batteur brésilien Luis Augusto Cavani, des amis de plus de vingt ans, pour composer un requiem joyeux, à la grandeur du disparu. Au fil du disque, l’hommage devient passage de flambeau et Patrick, le garant de l’esprit Bebey. Doux voyage entre le jazz et les ambiances équatoriales (flûte pygmée et sanza), Oa Na Mba jouit d’une subtile unité et de morceaux au groove magique.